Un hélicoptère de gendarmerie a-t-il été envoyé pour admonester un promeneur sur une plage ?

Consultez l'article consacré à ce sujet sur notre site

Des hélicoptères sur les plages pour faire respecter le confinement ?

Le 4 mai 2020, sur la page Facebook «Cerveaux non disponibles», une publication relaie la vidéo d'un hélicoptère en vol stationnaire interpellant un promeneur sur la plage. Ces images entendent dénoncer une surveillance inutile et inquiétante, de type «_répressif_».

En bref

Sur une vidéo postée via un groupe Facebook, un hélicoptère de gendarmerie vole en stationnaire au dessus d'un promeneur sur une plage. Le porte-voix lui rappelle le confinement et l'interdiction de plage.

Date de première apparition

04 May 2020

Création de la fiche le

07 May 2020

Lieu première apparition

Facebook

Dernier update

28 May 2020

Actions entreprises par les journalistes

7 mai

  • Premières pistes d'actions à entreprendre pour débuter notre travail évoquées en conférence de rédaction (où la vidéo a été prise, quand)
  • Nous lisons l'ensemble des commentaires de la publication Facebook pour tenter de repérer la commune où se trouve la plage de la vidéo : nous ne trouvons pas de trace d'une mention précise.
  • Nous prenons connaissance de nombreux articles sur le même sujet, sur diverses communes de France. La vidéo Facebook ne fait pas état d'un cas isolé, bien au contraire.
  • Un de ces articles (Le Télégramme) cite explicitement une source : le capitaine Poisson, de la gendarmerie de la presqu'île de Crozon (Bretagne), où ont été pratiquées des interventions par hélicoptère.
  • Nous décidons de le contacter pour notamment lui demander : quand des patrouilles sont ainsi menées, le vol est-il commandé par un contrevenant ou s'agit-il d'une mission prévue dans le cadre d'intervention afin de faire respecter le confinement ? 9 mai
  • La gendarmerie de Crozon nous renvoie vers celle de Chateaulin, afin de pouvoir joindre le Capitaine Poisson. 11 mai
  • La Gendarmerie de Chateaulin nous apprend que la scène de l'hélicoptère dont nous cherchons le lieu d'origine ne correspond pas à leur secteur d'intervention. Ils supposent que cette scène se serait davantage déroulée dans le sud.
  • Dans le doute, nous envisageons de contacter le journaliste ayant écrit l'article du _Télégramme _et de trouver comment se déroulent les interpellations sur les plages dans le sud de la France.
  • Dans le même objectif, nous envisageons de contacter le Groupement des formations aériennes de gendarmerie Ouest (comprenant les Détachement aérien de la gendarmerie de Rennes et le Détachement aérien de la Gendarmerie de Saint-Nazaire), notamment l'adjudant Constantin (pilote de l'engin envoyé à Crozon). Objectif : savoir s'il peut identifier le lieu de la vidéo source, savoir si lui avait déjà fait des vols de la sorte.
  • Faute de contact précis vers le Détachement aérien de la gendarmerie de Rennes, nous appelons la gendarmerie d'Ille-et-Vilaine dans un premier temps, pour tenter de remonter la piste.
  • Nous chercherons aussi à joindre un responsable de l'un des différents escadrons de gendarmerie affectés à la surveillance des plages en contactant la gendarmerie de Rennes. 12 mai
  • Nous envoyons un mail à la gendarmerie de Rennes qui s'emploie à relayer nos questions à la structure appropriée. Nous en attendons un retour.
  • Nous contactons le Bureau média du ministère de l'Intérieur. 13 mai
  • Mail envoyé à toutes les gendarmeries du littoral et relance auprès du Commandant Burles (Gendarmerie Nationale)
  • Suite à l'appel passé auprès de la la gendarmerie de Vannes, nous entrons en contact avec l'officier de communication en charge de tout ce qui relève du Covid-19 au niveau Bretagne. Elle nous renvoie vers le service de communication nationale basé à Paris, avec qui nous sommes déjà en contact.
  • Nous contactons également le commandant Patrice Poisson et le commandant Jean-Bernard Ferrere. 14 mai
  • Nous décidons de réaliser une vidéo pour accompagner notre futur article.
  • En parcourant Twitter, nous tombons sur des publications évoquant des plages du Sud (Antibes), accompagnées d'images qui se rapprochent de ce qu'on peut voir sur la vidéo initiale dont nous cherchons à identifier le lieu.
  • Nous faisons donc l'hypothèse que notre vidéo initiale aurait été tournée sur une plage du sud, ce à quoi nous tentons d'y faire correspondre certaines villes, comme Palavas les plages, par exemple.
  • De ce fait, nous décidons de contacter la Préfecture de l'Hérault et celle de Palavas. Nous envoyons finalement un mail à l'Office du tourisme de la ville.
  • Nous recevons vite une réponse : selon l'Office du tourisme de Palavas, il ne s'agirait pas d'une de ses plages (ceci dû à la présence de massifs de fleurs particuliers notamment). Il nous indique cependant un autre lieu possible : du côté de la ville de Carnon, station balnéaire de l'Hérault.
  • En conférence de rédaction, nous faisons état de notre avancement et proposons à ce qu'on aille bien jusqu’à identifier la plage de la vidéo : décision validée par l'ensemble de la rédaction.
  • Nous prévoyons de commencer la rédaction de l'article la semaine prochaine. 15 mai
  • La l'Office de tourisme de Palavas nous affirme que'il ne s'agit pas d'une des plages de la ville, nous continuons de contacter d'autres gendarmeries dont les champs 'action se trouvent dans le même secteur.
  • Nous appelons d'abord le Détachement Hélicoptère de la Gendarmerie de Carnon (Mauguio). Le numéro étant réservé aux appels d'urgences, l'officier au bout du fil n'ai "pas autorisé à nous répondre". Il nous conseille de contacter le service presse du Groupement de gendarmerie de l'Hérault, service communication de la gendarmerie de Montpellier.
  • Ce dernier nous indique ne pas avoir connaissance de l'intervention dont nous cherchons le lieu, et nous dirige vers la SIRPA une nouvelle fois.

Pistes et conclusions

Après avoir pris connaissance de nombreux articles de presse faisant état de divers autres exemples d’hélicoptères surveillant et interpellant les baigneurs partout en France, nous en concluons que cette vidéo ne montre pas un cas isolé.

Nous réanglons notre article en ce sens : "Sortir un hélicoptère pour surveiller une plage pendant le confinement : une mesure locale ou simple hasard ?" Avec l'angle sous-jacent suivant : "Mais quel est l'intérêt de sortir un hélicoptère pour une seule personne ?"

Selon la gendarmerie de Chateaulin (Finistère), trouvée grâce à des articles de presse, la vidéo remontée par les internautes ne se réfère pas à leur secteur.

Selon le commandant Burles, Chef d'escadron : « Il s'agit bien d'un aéronef de la gendarmerie nationale à l'image. Des missions aériennes ont bien été réalisées début mars pour s'assurer du bon respect du confinement sur le littoral et dans les zones difficiles d'accès faisant l'objet d'une interdiction de circulation. Les enjeux de santé publique ont nécessité l'emploi ponctuel des moyens aériens. La surveillance de plusieurs centaines de kilomètres de littoral justifiait le recours à ce moyen. Le respect des mesures de confinement nécessite des moyens humains et matériels (terrestres, nautiques, aériens). Il ne nous appartient pas de commenter les coûts induits pour cette mission. Nous ne le faisons pas davantage pour nos engagements quotidiens pour sauver des vies sur la route, en montagne ou en mer. La mobilisation de l'ensemble des acteurs a permis de faire appliquer les restrictions d'accès et limiter ainsi les risques de propagation de la pandémie. Malheureusement, nous ne pouvons pas localiser précisément la plage où cette action s'est déroulée. Cette surveillance du littoral était rendue nécessaire par le confinement, elle n'a vocation à se poursuivre qu'en cas de nécessité opérationnelle particulière.»

Pour autant, par recoupements d'information dans plusieurs brigades de gendarmerie et offices de tourisme, nous privilégions l'hypothèse que la plage en question se trouve dans le sud de la France. Nous développons cette piste en tentant de trouver une réponse auprès de diverses unités de gendarmeries de ce côté de la France.

Autres factcheck

Non renseigné

Sources sûres

Coordination

Denis Verloes

Equipe assignée
  • Lina Fourneau
  • Mathilde Sourd

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