Ces illustrations noires ne font pas réellement référence au mouvement Black Lives Matter

Des carrés noirs en soutien au mouvement Black Lives Matter ?

Dernière édition le 02 Jun 2020 17:22:14 - Relecture par Lina Fourneau , correction par Anne Smadja , coordonné par Nelly Pailleux

C'est à nuancer

En bref

Depuis ce matin, mardi 2 juin, fleurissent sur les réseaux sociaux des illustrations de carrés noirs. Cette initiative née de l'industrie musicale vise à dénoncer le racisme et les violences policières aux États-Unis, mais il convient de la distinguer du mouvement Black Lives Matter.

Depuis l'arrestation de George Floyd ayant entraîné sa mort le 25 mai, à Minneapolis (Minnesota), les États-Unis s'embrasent. Des affrontements ont eu lieu dans plus d'une centaine de villes, comme à New-York ou Los Angeles, et une quarantaine d'entre elles sont sous le joug d'un couvre-feu, comme l'expliquent nos confrères de FranceInfo.


Voilà une semaine que les voix s'élèvent pour dénoncer l'homicide dont a été victime George Floyd. Dans les rassemblements résonne le son de «Black Lives Matter» (La vie des Noirs compte), ce slogan issu du mouvement mondial éponyme «dont la mission est d'éradiquer la suprématie blanche et de renforcer le pouvoir local pour intervenir dans les violences infligées aux communautés noires par l'État et les justiciers.»





Le slogan est également devenu un hashtag très prisé, auquel sont reliés des posts de soutien à George Floyd et à la population noire face au racisme de la police (et plus généralement, de la société), mais aussi des posts à caractère éducatif qui informent notamment au sujet des manifestations, des situations dans les villes. Ces publications donnent des clés pour comprendre la situation actuelle et invitent leur followers à s’engager dans la lutte anti-raciste en leur indiquant des moyens de le faire (éducation, conseil, cagnottes de soutien, etc …)


La signification de ce fond noir 


Sur les réseaux sociaux, ce mardi 2 juin, apparaissent des carrés noirs en guise de photos. Mais cette initiative, si elle s’inscrit également dans la lutte anti-raciste, n’est pas directement liée au mouvement Black Lives Matter ; parmi les activistes, elle a même parfois été mal accueillie : les carrés noirs avec le #BlackLivesMatter cachent les ressources dont auraient besoin tout un chacun pour s’informer via les réseaux sociaux.


Le 1er juin, l'initiative #TheShowMustBePaused est lancée par Jamila Thomas et Brianna Agyemang, deux cadres afro-américaines d'Atlantic Records, filiale de Warner Music Group. «En réponse aux meurtres de George Floyd, Breonna Taylor, Ahmaud Arbery, et des innombrables victimes noires de la police», elles invitent l'industrie musicale à consacrer la journée du 2 juin à «prendre une pause pour une conversation honnête, réfléchie et productive sur les actions à mener afin de soutenir collectivement la communauté noire».


Warner Music, Sony Music et Universal Music ont répondu à l'appel sous le hashtag #BlackOutTuesday, interrompant ainsi leur activité pendant une journée.





Mais le mouvement ne s'est pas arrêté aux frontières de l'industrie musicale. À l'heure où nous écrivons ce papier (2 juin à 14 heures), le hashtag #BlackOutTuesday, accompagné de sa photo noire, compte 480 000 occurrences sur Twitter et plus de 5 millions sur Instagram. Il est parfois accompagné du hashtag #BlackLivesMatter, ce qui a un effet contre-productif selon des activistes, leurs informations se retrouvant noyées sous les carrés noirs.




En bref


Les carrés noirs du #BlackOutTuesday visent bien à participer à la lutte contre le racisme et les violences policières aux États-Unis, mais ne découlent pas du mouvement #BlackLivesMatter.


Fiche Enquête

La fiche ci-dessous résume le parcours et la méthodologie employés pendant notre enquête.

Information

Vérifiée et à nuancer

Première apparition sur le web
02 Jun 2020
Dernière modification de la fiche de l'enquête
03 Jun 2020
Lieu de publication constaté

Non renseigné

Actions entreprises par les journalistes

2 juin :

  • Nous nous renseignons sur les différences entre les hashtags #TheShowMustBePaused et #BlackOutTuesday, ainsi que leur lien avec le mouvement #BlackLivesMatter.
  • Consultation de leur viralité sur les réseaux sociaux.
  • Consultation du site Internet #TheShowMustBePaused et des profils de ses créatrices Jamila Thomas et Brianna Agyemang, ainsi que des communiqués de presse des labels ayant réagi.
  • Consultation des critiques d'activistes.
Pistes et conclusions
  • Le hashtag #TheShowMustBePaused a été lancé le 1er juin par Jamila Thomas et Brianna Agyemang, deux cadres afro-américaines d'Atlantic Records, filiale de Warner Music Group. Elles invitent l'industrie musicale à réagir suite aux violences policières contre des personnes noires, et notamment celles ayant entraîné la mort de George Floyd, Ahmaud Arbery et bien d'autres.
  • Des labels (Sony, Warner, Universal), des maisons de disques, des salles de spectacle et des artistes réagissent avec le #BlackOutTuesday, interrompant leurs activités la journée du 2 juin.
  • Le mouvement s'élargit sur les réseaux sociaux : des utilisateurs utilisent le hashtag #BlackOutTuesday avec une photo noire pour militer contre les violences policières. Certains ajoutent le hashtag #BlackLivesMatter, du mouvement éponyme. Ce mélange est critiqué par des activistes qui se servent du #BlackLivesMatter pour partager des informations et des ressources sur le racisme et les violences policières.
Equipe Journalistes Solidaires

Floréane Marinier

© Journalistes Solidaires

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